L'appartement 22

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L’appartement 22,
279 avenue Mohamed V,
MA-10000 Rabat,
T +212663598288,
Carnet de Notes / Notebook, Curatorial Delegation
Debat of ideas within arts, technologies and ecologies

This chapter is a space for opinion, a "carnet de notes" for speculation and debate of ideas on arts, technologies and ecologies, addressing the relationship between artists, curators and thinkers. The ideas published here, written as notes or quoted from essays and talks, bring awarness on the importance of the role of artistic expression in the making of art institutions and the de-organisation of the art world and art histories.
Publication in initial language, and reference to translation mentioned in the notes.
Thursday 25 April 2019

///// 28 Nov. 2019: "Laisser pisser les mérinos"

///// 22 Nov. 2019: "La situation du monde actuel pousse les artistes dans les zones d’incertitudes, remettant en question les formes à donner aux œuvres pour prendre part au changement de manière active, contre les enfermements et contre les obscurantismes. Les artistes regardent le monde et créent des œuvres qui sont des principes actifs (agents actifs) dans le débat sur la situation du monde actuel. Certaines œuvres sont créées il y a déjà des décennies, mais leur propos est si actuel, au point que leur rencontre éveille en nous des sensations plus au moins traumatiques. Notre monde brûle..."

///// 01 août 2019: Chacun des petits espaces au Maroc apporte plus, pour l’art et l’éducation, que le ministère de la culture et les courtisans du pouvoir qui dépensent plus dans la propagande politicienne pré-électoral que dans la vraie action culturelle. Le débat sur l’art et son rôle dans la société est crucial. Mais les œuvres d’art ne naissent pas dans les dîners luxueux et ne peuvent être dictées par les états, sauf quand il s’agit d’images de propagande à des fins électorales ou ornementales. Au Maroc il est temps de respirer fort et d’agir avec de nouveaux souffles.

///// 23 juillet 2019 A.K.: "L’écriture de l’histoire de l’art commence par le définition du sujet, puis par le récit de son objet, et enfin par l’analyse de son contexte de production. Afin de donner accès au plus grand nombre d’étudiants, de chercheurs et d’historiens, les archives de L’appartement 22 son ouvertes à tous. La lecture que chacun en fait permet une multitude interprétations. Le débat critique commence des la deuxième publication, en réponse à la première ou dans la déférence. La générosité intellectuelle permet le progrès culturel. L’existence des œuvres, bien avant l’écriture, est en soi une histoire de l’art. Les récits et interprétations sont souvent influencés le contexte et les références des auteurs, de leurs lectures, de leurs croyances, et de leurs orientations politiques, sexuelles et idéologiques. Par conséquent, pour le même œuvre, il y a autant d’histoires que d’historien de l’art qui tentent des interprétations thématiques ou exclusives. Seule une histoire de l’art reliant l’œuvre au réalités du moment de sa création, et aux conditions de sa création, est capable de résister au temps et d’accompagner son aura au-delà du temps médiatique du texte."

///// 20 juin 2019 A.K.: "Un visiteur m’a posé une question inattendue à laquelle je n’ai pas su répondre de manière direct par un oui ou non: peut-on critiquer une exposition ou une œuvre d’art de manière direct au Maroc? Cette question venant d’un visiteur peut sembler simple, mais elle est réellement difficile car le contexte actuel est complexe et tellement tramé. Le potentiel critique se trouve mêlé à la peur du système de contrôle inspiré dans tous les domaines. Je n’ai pas su répondre car je n’ai pas d’exemple de critique direct d’une exposition, d’un festival ou d’un projet, et qui n’a pu été puni par le système corrompu du pouvoir. Les règlements de compte avec les critiques sont souvent invisibles, car ils passent souvent par des mesures asphyxiantes -dans le cas des journaux- et par des pièges de droit commun pour les journalistes, ou encore par un boycotte des scènes officielles pour les artistes et auteurs indépendants."

///// 24 mai 2019 A.K.: "Okwui Enwezor nous a quitté il y a quelques semaines. Il fut un des premiers professionnel de l’art a visiter L’appartement 22, dès 2006 alors qu’il menait ses recherches en préparation de la Biennale de Gwangju. Quelques mois plus tard nous nous retrouvons pour discuter des questions de globalisation et de l’avenir de l’humanité adresse par les œuvres du continent africain et d’ailleurs. En 2008, nous nous retrouvons en Corée avec les artistes, ce fut mon premier voyage en Asie du Sud-Est. Le dialogue généreux ne s’est plus interrompu, sur divers fronts, dans les publications et toutes les plateformes possibles. La Triennale de 2012 voit le jour après près de deux ans de voyages, d’expériences de traversées de frontières, de complicités avec Claire, Émilie, Mélanie, et Okwui."

///// 17 novembre 2018 A.K.: "L’histoire de l’art est inséparable de l’histoire politique de nos sociétés. La création artistique interagit avec les autres domaines de la civilisation. L’œuvre d’art a un passe et un future, et le centre de cette ligne temporelle est marquée par le moment de l’expérience et de rencontre de l’œuvre avec les autres réalités qui composent la culture et participent à la vie. Le passé serait un modèle à changer, le future devrait être un idéal à construire."

///// 16 octobre 2018 A.K.: "A la lecture de quelques réponses dans le débat autour de l’exposition Chaibia au musée de Rabat, on a l’impression que le Musée est géré comme une affaire privé, ce qui est inacceptable. Une institution publique devrait donner l’exemple professionnel quant au respect de la propriété intellectuelle. Le respect des droits d’auteur est la base de tout commerce de produit culturel si l’on veut que l’art est la culture fasse partie du développement d’un pays.

J’ai suivi de loin cette affaire et je pense que le problème fondamental est plus grave que le fait de mélanger des artistes qui ont des styles et projets différents. Chaibia, Fatima Hassan et Radia ont, chacune à leur manière reflété une expression originale et résistantes au cliches sur le genre. Mais les enfermer dans une exposition parce que ce sont des "femmes" est une approche réductrice de la valeur de leur travail artistique. En plus d’être une grande artiste, Chaibia est une résistante qui a exprime son point de vue sur la société et a combattu le mal et le mépris dont les femmes souffre sont encore victime aujourd’hui.

Au Maroc, il y a un réel besoin de faire des expositions sérieuses avec un travail de recherche sur les œuvres et les artistes. On ne peut pas se permettre d’organiser des expositions populistes, approximatives et superficielles pour se dire qu’on a un musée d’art moderne et contemporain. Il faut des responsables compétents pour gérer la chose culturelle. Un musée, une usine, une ferme, un chalutier, un avion, une école, un train, il faut toujours un commandant qui connaît bien son navire pour éviter les catastrophes.

///// 02 août 2018 Harald Szeeman: "...the museum is a place for experimenting with new connections, a place for conserning and conveying the fragile creations of individuals." (H. Szeeman, 1980)

///// 27 juin 2018 NOUS SOMMES INDIGNÉS ET CONSTERNÉS FACE L’INJUSTICE AU MAROC. http://www.lepoint.fr/monde/maroc-les-leaders-du-mouvement-hirak-ecopent-de-20-ans-de-prison-27-06-2018-2230875_24.php

///// 8 Mar. 2018 A.K.: "La première exposition de L’appartement 22, ouverte le 10 octobre 2002 avec Sara Erruas et Younes Rahmoun est intitulée "JF_JH individualités", propose de considérer l’homme et femme sur un pied d’égalité. Le design graphique de l’affiche annonce avec un visuel sobre ce duo, avec un underscore "_". Ce blanc souligné est un élément essentiel dans la philosophie fondatrice de L’appartement 22 et des projets d’expéditions et de publications, il s’agit bien d’un vide à combler, un handicap majeur de la société marocaine dont la constitution considère la femme inférieure à l’homme dans l’héritage, les salaires, la libre circulation dans les espaces privés et publiques. L’appartement 22 revendique toujours l’égalité des hommes et des femmes, y compris dans l’héritage, la liberté de circulation dans les lieux publiques et prives, la mixités et la diversité réelle, dans le respect des individus citoyens, residents ou visiteurs."

///// 10 Fev. 2018 J. P. Thibeau: "Surgit un moment où plus aucun argument (raisonnement, lecture, information, etc.) ne suffit pour agir. Alors un sentiment poétique d’idiotie pousse à aller au-delà de l’acte... Surprendre quelques moyens ( sans s’encombrer des dispositifs psychologiques ou des justifications secondaires). Accueillir l’hors-soi, sans avant ou arrière pensée. Se dessaisir de soi, laisser fluide les variations des états mentaux et corporels, lâcher la “conscience de”... Lâcher le corps à perte de mesure... Apprivoiser le tohu-bohu et laisser agir l’activité jubilatoire générale, entre le déjà-là et le pas-encore-là... Découvrir alors que l’on sort d’un long sommeil, d’une fastueuse patience et que l’on est agi par des conversations variées avec les autres, les choses et les je-ne-sais-quoi... Accepter de n’être que nuée, un peu de buée, une évaporation... (Jean-Paul Thibeau : Stratégie du je-ne-sais-quoi de l’idiotie / 31 juillet 1989) http://protocolesmeta.com/spip.php?article100&var_recherche=Idiotie

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24 Jan. 2018 A.K. "... La suite dans les idées, je lis dans des journaux PR marocain ceci "Le Maroc organisera en 2019 une biennale d’art méditerranéen à Rabat à laquelle concourra l’Institut du monde arabe (IMA) aux côtés de la Fondation nationale des musées." (libe.ma du 24 jan 2018), un scoop qui interpelle doublement sur les fondements de l’information. D’une part il serait question d’une biennale d’art méditerranéen à Rabat (sur l’Atlantique), d’autre part des institutions de prestige sont invitées à concourir à un festival supplémentaire dans la capitale marocaine... Une biennale, en plus d’être le lieu de rencontre et de débat sur l’art, peut être un levier de développement urbain, social et économique. Si une biennale de la Méditerranée devrait exister, c’est à Tétouan ou à Al Hoceima qu’elle devrait avoir lieu. Rabat a déjà son fameux festival Mawazine qui organise des expositions aussi agitées que les scènes de concert... à suivre!"

///// 20 oct. 2017 A.K.:”Le débat sur la fin possible de la biennale de Marrakech a lieu depuis 2009, quand le ministère de la culture avait demandé le démontage de l’exposition principale de la biennale au Palais Bahia (lire le résumé ici). L’édition 2009 de la Biennale a été entièrement indépendante, avec une programmation artistique internationale et marocaine, investissant plusieurs lieux à Marrakech, il s’agissait de relier les lieux d’action aux espaces d’exposition. L’organisation de la Biennale, ainsi que son financement, étaient principalement possibles grâce à l’initiative du groupe d’amateurs d’art qui se réunissaient au Riad El-Fenn, notamment avec Vanessa Branson, Abel Demmousi et les soutiens de collectionneurs et d’artistes. L’esprit de la Wonderful Collection et la passion qui a lancé l’idée d’un festival d’art contemporain à Marrakech étaient encore actifs (lire: The Wonderful Fund Collection, catalogue de l’exposition organisée par Vanessa Branson et Prue O’Day en 2005. éd. Paperback). Les éditions 2005 et 2007 sont organisées au format festival (AiM - Arts in Marrakech), avec une importante programmation littéraire, cinématographique et des expositions d’arts contemporains. Le nom ambitieux de "Biennale" est décidé dans notre discussion avec Vanessa Branson pour l’édition 2009, le projet est devenu structuré, avec une direction artistique, de nouvelles productions et des installations monumentales au Palais Bahia, à l’ESAV (école de cinéma). Le budget total est à peine au dessus de 200.000 Livres anglaises, les coups de production et d’installation étant gérés directement par les organisateurs et les artistes. Les éditions suivantes de la biennale devaient être organisées avec un comité qui gère l’équipe permanente, la collecte de fonds et le financement du programme artistique et commercial. L’ouverture internationale, le contexte unique de Marrakech ont amplifié l’attention du monde de l’art et la Biennale de Marrakech est devenue une destination importante et attendue des professionnels, des amateurs et des jeunes artistes au Maroc. Les éditions 2014 et 2016 ont investi des lieux historiques (Palais Bahia, Palais Bahia) par des activités et des événements dans la ville. Mais l’administration de la Biennale avait du mal à suivre le programme artistique et garantir le minimum vital pour les artistes et les commissaires, sans doute par ignorance des processus spécifiques aux biennales et aux enjeux sociaux et politiques qui les font exister. Il s’agit aussi d’un réel problème éthique quand les organisateurs ont décidé de ne pas payer l’équipe du programme artistique (commissaire, coordinateurs, auteurs...). L’article du journal Le Monde (27 Sept. 2017) dévoile le problème de financement de la Biennale de Marrakech à une échelle internationale, le débat ne fait que commencer. Une nouvelle édition ne serait possible que si le corps organisateur était rééduqué et guérit, sinon renouvelé. La responsabilité des organisateurs de la Biennale de Marrakech, des autorités de la ville et des pouvoirs publics en général, est à questionner dans cette affaire pour comprendre les raisons exactes de cette crise. Une sixième édition veut dire plus de 10 ans d’expérience et de connaissance du terrain, y compris le fonctionnement par "bakchich" et divers trafics entre fonctionnaires expérimentés dans la surfacturation. Les créateurs marocains et leurs pairs internationaux méritent une meilleure considération. La scène de l’art au Maroc est forte d’une société civile expérimentée, des artistes engagés dans tous les domaines de la création, et capables de combler le manque d’expertise des fonctionnaires actuels de la culture et le désinvestissement de l’État vis-à-vis de la culture et de l’éducation. Le lancement d’une expédition, l’initiative d’une exposition, l’organisation d’une rencontre et la conception d’une publication font partie des "produits de haute nécessité" (selon le collectif autour d’Édouard Glissant et Patrick Chamoiseau), car il s’agit d’espaces d’expression nécessaires qui relient les peuples dans le monde."

///// 12 oct. 2017 A.K.:”Un bon historien d’art ne regarde pas seulement les œuvres et le contexte social et économique de leur production. Il est surtout celui qui voit les enjeux politiques des œuvres, en plus d’une valeur artistique solide."

///// 27 août 2017 - A.K.: "Les questions curatoriales sont toujours d’actualité puisque nous sommes dans des contextes de création de musées, dans des contextes où l’école d’art n’est ni une forme de tradition ni un outil de progrès. Nos musées et nos lieux pour l’art doivent donc jouer un rôle important dans la formation et le débat sur l’art."

///// 23 juin 2017 - A.K.: "L’art a un potentiel éducatif et d’éveil important des consciences. L’art peut faire peur aux États répressifs, car il peut agir et contribuer au changement en s’adressant à l’intelligence. En emprisonnant les artistes et les intellectuels, les pouvoirs pouvoirs politiques répressifs reconnaissent le pouvoir de l’expression artistique et sa capacité d’action pour le changement. L’arrestation de l’artiste Zehra Doğan en Turquie en est un exemple vivant."

///// 2 June 2017 - A.K.: "Art market has not specific continent or country. Art, just like any product of high necessity, has a local, regional and global market, its multiple productions travel across continents and throughout time, its value compensates lost memories of humanity."

///// 10 Oct. 2014 - Abdellah Karroum: "ART IS THE BASIS OF CHANGE IN SOCIETY. IT IS OUR DUTY TO SHOW THE ARTISTS TACKLING THE IDEA OF FREEDOM IN THE ARAB WORLD TODAY."

///// 2009 - Etel Adnan: "I don’t like the expression ’Middle East’. I prefer to say ’the Mashriq’, just like we say ’the Maghreb’ when referring to North Africa. ’Mashriq’ means ’the place where the sun rises’; it also means the rays of light. So it’s a term which could cover many Arab countries."

///// 2008 - A. K.: "Le 10 octobre 2002 est un jeudi comme les autres à Rabat. Les cris des Diplômés chômeurs dominent le paysage sonore de l’avenue Mohamed V. J’habite ici depuis cinq mois déjà ! Safaa et Younès finissent l’installation de Brisa et de Cafane après avoir partagé la résidence dans mon appartement pendant deux semaines. Ce soir ouvre la première exposition, JF_JH (individualités), une caméra cadre la vue de la fenêtre et l’image vivante de la rue est projetée dans le lieu d’exposition. Manifestement, c’est le début..."

Note: Référence pour l’usage des contenus de cette page: Site de L’appartement 22, lieu pour l’art, Rabat, Maroc, http://www.appartement22.com/ecrire/?exec=articles_edit&id_article=426