L'appartement 22

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L’appartement 22,
279 avenue Mohamed V,
MA-10000 Rabat,
T +212663598288,
Exposition | "World Map" par Hamdi Attia حمدي عطية، خريطة العالم

Hamdi ATTIA, "World Map", 2007.

Exposition du 27 octobre au 30 novembre 2007.

jeudi 27 septembre 2007

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« Refaire le monde ». La cartographie du Monde de Hamdi ATTIA* par Abdellah Karroum

Le désir d’un artiste de comprendre le monde, de représenter son monde, de le proposer comme lieu de vie, lieu de nulle part mais lieu unique, est le propre d’une quête totale par l’artiste, d’être au monde. Hamdi Attia est un observateur averti des médias et de la représentation comme outils de partage, d’information ou de propagande. L’artiste dit dans son propre langage poétique, la relativité des situations politiques et des valeurs des civilisations. L’artiste acteur prend l’étoffe d’un chercheur, d’un journaliste, d’un géographe, d’un linguiste et même d’un « Artiste » pour jouer et déjouer les structures conventionnelles et les idées reçues.

J’ai rencontré Hamdi Attia à Wall Street à New York en 2006. Il m’a conduit jusqu’au Point Zero, lieu où le monde passât dans une nouvelle ère historique en « 9/11 » (nine-eleven). Le plus frappant dans cette histoire, bien sûr après l’horreur de ce drame, est de constater la relativité de l’Histoire. Le fait que l’Histoire soit faite par des inconnus qui, complices d’extrémistes messianiques évangélistes et islamistes, se sont autodétruits en renvoyant au monde l’image du désespoir, de l’échec de la parole et de l’acte constructif. Des inconnus, qui, comme les prophètes propose le sacrifice et la destruction des avoirs matériels et des « mécréants »…

C’est la première fois que j’ai passé plus de temps à chercher l’ordre des choses pour écrire un essai sur une œuvre. C’est bien d’un monde inconnu qu’il s’agit dans cette oeuvre. J’ai arrêté de chercher un lieu précis, une rencontre. J’erre autant dans mes pensées que dans la carte d’un monde imaginaire. Le lieu de nulle part n’est pas annoncé, son expérience reste physiquement inaccessible. Je ne cherche plus à comprendre, mais je me laisse saisir par l’image de ce monde comme s’il s’agissait d’une porte d’accès au centre de la terre. Brûler les étapes de la création devient une nécessité. Brûler les systèmes de représentation du monde et en inventer un nouveau, plus « juste », plus « logique » et plus libre. Imaginer un monde, se retrouver dans ce monde, et en donner les repères en toute transparence, c’est partager une vision existentielle.

L’extension imaginaire du MapProject pourrait amener l’artiste à imaginer une introduction : L’artiste pourrait encore imaginer, d’une part, des villes dans les pays, des rues dans les villes, des maisons et autres géographies ; et d’autre part un univers plus vaste dans lequel ce « monde du milieu » pourrait se situer… Mais nous ne savons pas quelles créatures habiterait ce monde ! fantastique. Une autre humanité après un mouvement rapide des continents pour recomposer un nouveau monde ?

Ce monde n’est pas encore le Monde, mais il n’est plus une pure imagination puisqu’il est visuellement « réalisé ». Le dessein de ce monde originel existerait purement avant d’être habité par la rencontre des éléments vivants. La carte du monde, sa réalisation est le « lieu » de combat entre l’homme est la nature, mais ce lieu est surtout un outil expérimental de pouvoir. La carte du monde est le symbole par excellence de la domination des territoires terrestres. En temps de guerre, les généraux se tiennent devant une carte pour « calculer » et étudient les stratégies des déplacements pour dominer l’ennemi est occuper la terre. L’homme aime la terre. Pour créer du lien humain, un sage nomade qui se trouvait face à une grande méfiance des habitants dans des territoires de son passage a dit : « je n’aime pas la terre. Je suis venu pour les gens qui vivent ici. »

A.K.

* Texte publié dans la revue Arteeast, New York, 2007.

- Exposition réalisée par Emma Chubb et Abdellah Karroum
- Merci à Seamus Farrell et Pascal Semur l’aide précieuse qu’ils ont apporté à la réalisation de ce projet.

5 FAITS DE CETTE CARTE (Le monde qui est représenté par cette carte se base sur un globe de la même taille que notre planète, mais avec une proportion différente entre l’eau et la terre.)

La carte dépeint la répartition géopolitique du monde suite au "Siècle des Grandes Unifications," celui-ci ayant conduit à la réduction de moitié du nombre des sièges sur l’Ile des Nations Unies. Ce travail cartographique se base sur une projection dite "Cylindrique équidistant / équirectangulaire," qui est aussi connue sous le nom de "Projection Plate Carrée." La projection de Mercator, ainsi que certaines d’autres, sont tombées en désuétude, vu leur association aux projets coloniaux et militaristes qui ont précédé le "Siècle des Grandes Unifications." Sur cette carte, l’on a fait tout effort pour équilibrer les détails politiques et topographiques. Du coup, en s’approchant de l’Equateur, l’on trouve moins d’inscriptions, à cause de la déformation des extrémités septentrionales et méridionales. Les noms de certains éléments géographiques—telles les îles, les golfes, les baies, les montagnes, les fleuves, les lacs, et les mers mineures—ne se figurent pas sur cette carte mondiale générale. Certaines villes moyennes sont aujourd’hui en pleine croissance, en raison des changements qui ont suivi les Grandes Unifications. En plus, les noms de certains pays et villes ont changé au moins une fois dans les 75 ans depuis la dernière mise à jour confirmée de cette carte.