L'appartement 22

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L’appartement 22,
279 avenue Mohamed V,
MA-10000 Rabat,
T +212663598288,
Otobong Nkanga | "Contained Measures of Tangible Memories, Indigo Regina."
Curator : Cécile Bourne-Farrell

"Contained Measures of Tangible Memories, Indigo Regina."
Installation constituée : d’un tissu de coton teint, projection vidéo, poudre et cailloux d’Indigo sur coupelles métaliques. Projet co-produit entre l’artiste et L’appartement22, Rabat.
L’artiste remercie Abderrahmane Essaidi, Maud Houssais, Haj et Nourdine Khalid. Exposition personnelle de Otobong Nkanga, à L’appartement 22*,
du 26 février au 3 avril 2012. (Prolongée jusqu’au 29 avril 2012)
Vernissage le 25 février 2012 à 19h.
Curator : Cécile Bourne-Farrell
samedi 25 février 2012

L’approche pluridisciplinaire de l’artiste Otobong Nkanga se structure autour de chaînes d’associations, qui révèlent un empilage complexe et interdépendant d’histoires de notre société nourries par une observation aiguë du monde, souvent empreinte d’une dimension autobiographique.
Pour le projet à L’appartement 22, l’artiste Otobong Nkanga a continué ses recherches sur l’Indigo qui fait partie des cinq substances naturelles (le mica, le savon noir, le mimosa de Fernèse et l’alun) choisies lors de son premier voyage au Maroc. Pour son projet « Contained Measures of Tangible Memories : Indigo Regina » l’artiste questionne les usages et pratiques de la teinture. Elle a choisi de faire teindre un morceau de tissu de coton blanc qui appartenait à sa mère - Regina - qui a pratiqué la technique artisanale du Batik à Lagos. Ce processus pose la question de l’alchimie et de la provenance de ce coton transporté de Lagos, à Anvers, Fez et Rabat. Ce projet est en quelque sorte l’archétype des différentes mondialités qui nous constituent et qui sont si chèrement décrites par Edouard Glissant comme les empreintes que ces différents lieux et histoires laissent sur nous. Une fois teint, dit l’artiste « le tissu a-t-il la même densité comme dans mon souvenir ? Peut-il après être travaillé de la même manière ? Le tissu apprêté a-t-il la même odeur, une corporalité identique à celle dont je me souviens lorsque je faisais cela dans mon adolescence ? ».
Le projet « Contained Measures of Tangible Memories : Indigo Regina » parle de la complexité de mémoriser de façon visible des lieux, des couleurs et des gestes. Le textile appelé « Tales of a Cloth » est révélateur de la transmission orale des savoirs. Il est l’empreinte des rencontres et des déplacements de mondes différents. La texture des fibres du coton révèle les irrégularités du tissage manuel qui absorbe inégalement l’Indigo. Ces imperfections du tissu mettent en relief les trajectoires qui sont liées à la mémoire que l’artiste a de chaque expérience de la transformation de la matière, en la mettant ici en volume selon un pliage très sophistiqué.  
  L’artiste cherche à mettre en relation ces processus ancestraux significatifs des matières qui traversent les générations, pays et continents de notre époque d’émergence. Se rappeler ces actions, les transmettre, c’est aussi continuer à rendre tangible des éléments qui appartiennent à des temporalités différentes. La vidéo met en association le passé et le présent pour nous déplacer dans un moment lié à notre mémoire. Les allers-retours entre un passé sans mémoire et un présent sans ses traces ne permettent pas l’émancipation des personnes. La mémoire rend les choses tangibles, accessibles, pour nous donner la possibilité de se projeter dans le futur. Quand il y a transmission, il y a moins de stagnation mentale et une meilleure mise en valeur des savoirs. Ceci est particulièrement important dans des pays où la notion d’oralité est la seule source de transmission. Lorsqu’il n’y a plus accès à la mémoire ou quand la mémoire est manipulée et qu’on n’a plus les outils de la connaissance, le présent devient alors intangible.
Reposant sur une dialectique entre nature et culture, l’œuvre d’Otobong Nkanga – elle-même mobile et évolutive – explore les déplacements qui s’opèrent d’un pays à l’autre : de mêmes produits voient leurs histoires, leurs significations et leurs usages varier selon la culture dans laquelle ils s’inscrivent. Toutes ces matières correspondent à des fragments de mémoire liés à son enfance au Nigeria, où elle se réveillait en voyant, sentant ou touchant, ce qu’elle a de nouveau expérimenté lors de sa première visite ici en 2009. Otobong Nkanga puise dans ses histoires personnelles les mémoires qui nous habitent et qui véhiculent nos relations au monde qu’elle souhaite restituer ici sous la forme d’une installation-vidéo qui sera présentée à L’appartement22.
Cécile Bourne-Farrell, commissaire-invitée

Site internet de l’artiste Otobong Nkanga

L’appartement 22, 279 avenue Mohamed V, MA-10000 Rabat - Maroc.
Poster de L'exposition