L'appartement 22

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L’appartement 22,
279 avenue Mohamed V,
MA-10000 Rabat,
T +212663598288,
Fadma Kaddouri | Le Signe Route

Cette présentation est réalisée par Fadma Kaddouri à L’appartement 22, dans la continuité des projets de la Résidence Rif à Beni-Boufrah au Maroc. Fadma Kaddouri intervient sur la R22.
du 7 septembre au 25 septembre 2013.
Causerie en présence de l’artiste le 7 septembre 2013 à 18h30.
Curator : Karima Boudou (Délégation artistique)
jeudi 29 août 2013

L’appartement 22 présente dans son espace d’exposition du 279, avenue Mohamed V Le Signe Route, une proposition de Fadma Kaddouri. Fadma Kaddouri est une artiste qui mène depuis plusieurs années une recherche multiple sur l’héritage de l’écrivain rifain Mohamed Choukri, par des modes qui peuvent s’apparenter à ceux de l’enquête autobiographique et du récit par la micro-histoire. L’héritage littéraire de Choukri, auteur et romancier marocain qui a abordé dans ses écrits des sujets comme celui du rôle de l’écrivain dans la société, laisse une écriture n’esquivant en rien de l’errance et des tourments de la vie humaine. L’écriture de Choukri revêt une dimension poétique et épique, dessinant ainsi des perspectives sociales, politiques et historiques. L’artiste tisse des liens qui découlent du vécu écrit par Choukri, cette proposition vouant et consacrant un intérêt au destin particulier d’un individu ou d’un groupe d’individus afin d’opérer une focalisation interne du monde qui l’entoure.

Pour son projet à L’appartement 22, Fadma Kaddouri présente un travail de recherche basé sur l’expérience de l’effet de lecture et l’interprétation subjective qui peut en découler. La dynamique de ses œuvres oscille ainsi entre l’écriture et l’image. Dans le Rif, elle a mené sur les pas de l’écrivain une exploration des paysages qu’il a et qu’il aurait pu traverser, des rencontres possibles ; mêlant ainsi des récits réels et fictifs, des espaces et des territoires d’histoires vécues ou imaginées. Le jeu narratif de son projet à L’appartement 22 croise la figure paternelle de l’artiste avec la trajectoire de Choukri et sa vie à Tanger. La présentation documentaire se matérialise par la reproduction des archives personnelles de l’artiste (notes, dessins, couvertures de l’anthologie en trois tomes de Choukri publiée en arabe). Sur le sol gris de l’espace d’exposition se trouvent aussi des tables fabriquées dans le Rif sur lesquelles est disposée une sélection bibliographique de livres de Mohamed Choukri et d’autres livres, parmi lesquels Le fou des roses de Mohamed Choukri, L’œuvre ouverte et Le signe d’Umberto Eco, Le processus créatif de Marcel Duchamp, Graphes, Cartes et Arbres de Franco Moretti, Le pacte autobiographique : Tome 1 de Philippe Lejeune… Les Moleskines de Choukri est un ensemble composé de cinq paires de moleskines de couleurs grise et noire, sur lesquelles figurent les initiales « MC », renvoyant ainsi aux initiales de l’écrivain.

Ainsi, les éléments du Signe Route présentés par Fadma Kaddouri ont une signification révélatrice et énigmatique. On pourrait même leur trouver un effet poétique et ésotérique grâce à l’écriture et aux détours biographiques et géographiques qui les composent. Dans ce cas, ils fonctionnent de manière subordonnée au texte ; ils ne sont qu’un moyen de déchiffrer l’énigme. Le Signe Route ne se limite pas à dégager une sorte de dialectique dans laquelle l’écriture de Choukri et les images qu’elle crée se répercutent. Les images mises en mouvement indiquent les changements sociaux et historiques : les œuvres présentées à L’appartement 22 permettent de préciser cette position. Elles soulignent la métamorphose des formes linguistiques et leur mouvance commune avec les formes plastiques, de la langue amazigh à la langue arabe, livrant ainsi une vision de l’intérieur de la société marocaine. Dans la mesure où Le Signe Route met en jeu cette signification, l’image est hétérogène, liée à une déformation langagière et à une contestation de la servilité et des contraintes inhérentes au langage. Pour elle, il est question de mesurer l’impact de l’œuvre de Choukri comme on le fait avec un sismographe, et de mettre en jeu le résidu de l’idéalisation. Ses œuvres sont indiciaires dans la mesure où elles visent à décrire la relation physique à l’objet, autrement dit, la matérialité de l’image lors de son surgissement. On ne saisit jamais d’arrêt dans ce jeu : il y a toujours mouvement, activité, passage, d’Ouest en Est…

Karima Boudou

Fadma Kaddouri est née dans les montagnes du Rif au Maroc, elle vit et travaille à Grenoble en France. Elle a participé à de nombreuses expositions internationales parmi lesquelles "JF_JH Libertés" à L’appartement 22 (2012, Rabat), "Le Dépays" à la Biennale de Marrakech (2012, Marrakech), Transmediale Berlin Festival (2011, Berlin), "Sentences on the banks and other activities" à Darat El Funun (2010-2011, Amman). L’appartement 22 organise la première présentation monographique de son travail.

*Merci à : Maud Houssais, Abderrahmane Essaïdi, Fondation Almayuda (Barcelone) et les éditions Hors’champs (Paris).