L'appartement 22

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L’appartement 22,
279 avenue Mohamed V,
MA-10000 Rabat,
T +212663598288,
Carnet de Notes / Notebook, Curatorial Delegation
Debat of ideas within arts, technologies and ecologies

This chapter is a space for opinion, a "carnet de notes" for speculation and debate of ideas on arts, technologies and ecologies, addressing the relationship between artists, curators and thinkers. The ideas published here, written as notes or quoted from essays and talks, bring awarness on the importance of the role of artistic expression in the making of art institutions and the de-organisation of the art world and art histories.
Publication in initial language, and reference to translation mentioned in the notes.
Saturday 5 September 2020

///// 21 septembre 2020:

Je rêve d’un art qui change le monde :

- Est-ce que vous m’entendez ?

- Oui toujours !- ...

///// 21 septembre 2020:

كلاب ...
ولاد الكلاب

... les chiens
fils de chiens

///// 2 septembre 2020:
ماتكسيري، ماتفراني
ماتخاف، ماتدهش

ne pas accélérer, ne pas freiner,
ne pas avoir peur, ne pas paniquer

///// 26 Août 2020:

le soleil des Arabes est nucléaire Phtisique il crache du sang sadique il boit du lait
un soleil aux doigts cousus caresse les eaux de l’Euphrate
Il accourt multiplié de l’Atlantique au Golfe pour écraser une herbe jeune

(Etel Adnan, in L’APOCALYPSE ARABE, éditions Papyrus, 1980)

///// 20 Août 2020:
"TOUT VA BIEN" (Karim Rafi, 2011)

///// 14 août 2020:
La traversée du vingtième siècle, avec ses guerres multiples, dont le monde occidental ne retient que deux , a engendré des divisions dont les blocs sont impossibles à concilier. Les idéologies qui les ont provoqués et les systèmes de gouvernance qui en découlent sont imposés aux peuples sur tous les continents, mais dont le monde occidental n’en retient que deux, le capitalisme à l’Ouest et le socialisme à l’Est. Le trauma de cette histoire est tel que les êtres humains ne reconnaîtront plus leurs actes destructeurs des autres espèces et écosystèmes de vie sur terre. (Abdellah Karroum)

///// 6 Août 2020:

And Earth?
I found her wounded
-is she in agony?-
Has Chaos
returned?

(Etel Adnan, in RETURN No. 22)

///// 5 Août 2020:
Pierre Restany écrit en 1963: "Toute une génération nouvelle de jeunes artistes marocains s’est éveillée à sa propre conscience, et à celle du monde: elle se cherche, ou plus exactement elle cherche le fondement de son langage qui se veut universel dans son retentissement comme ses exigences, adapté au problèmes du monde d’aujourd’hui." (Rencontre Internationale des Artistes, Musée des Oudaias, Rabat).

///// 22 Juillet 2020:
"Les enfants sont petits et la nature est immense. Ils descendent des routes, puis un fleuve. Des routes entre les rizières, des remblais, des talus. Ils descendent le Nil, le Mékong. Ils parcourent des déserts, des voies droites entre les déserts. Ils descendent tous. Le père criminel avec son cheval et son arme, les petits enfants nus, dénudés par l’enfance même. Autour d’eux, le sud d’un continent, d’un pays dont on ne connaît pas le nom." (Marguerite Duras. La nuit du chasseur, dans les Yeux verts, ed. Cahier du Cinema, 1980.)

///// 8 Juillet 2020:


Le nuage de pollution, au-dessus de la cité, est revenu...

///// 12 June 2020:
"What interests me in post-independence Africa and Asia, as well as in “post-war” Europe (I put “post-war” in quotation marks because Europe has waged many wars since 1945), is how this multitude of movements and expressions -cultural and political- are nourished by the historical movement of art as it is affected by history and, in turn, how history is affected by art... Art histories can not be detached from political and history. Art is always produced in relation to a given context, in complicity, in opposition or in parrallel of a society. The level of complicty or opposition defines the proximity with the ideology and the integration of certain art into the city. The sculptures of colonialist figures, for example, often created by architects and artists of the system, Arno Breker for the Nazi is most prominent -as he was commissioned by many leaders in Europe and Africa after the end if the second WW-" (Abdellah Karroum -ref. See "Situating Global Art)

///// 27 May 2020:
"Freedom is not something that anybody can be given. Freedom is something people take, and people are as free as they want to be” (James Baldwin)

///// 22 May 2020:
"Le champ des arts plastiques modernes et contemporains au Maroc est foisonnant depuis le milieux du siècle dernier. L’originalité des approches formelles et l’engagement éthique des artistes depuis l’époque post-indépendance ont placé la production marocaine au-devant de la scène internationale. Mais l’ambition des artistes et des professionnels de l’art n’a pas suffit pour convaincre les gouvernements successifs à créer des institutions stables capables de maintenir la dynamique de la production artistique, lui donner une place dans le système éducatif et la promouvoir à l’échelle internationale. Le problème est collectif, la responsabilité est partagée -c’est ce sens de responsabilité qui me pousse à écrire la présente note, au risque d’en fâcher plus d’un-, et je questionne deux instances: La Fondation Nationale des Musées au plan local; et l"ICOM-Maroc, supposée relier l’international au local.
Premièrement, je vois actuellement un mélange des genres dangereux dans l’annonce d’"aide aux artistes" par l’association Fondation Nationale des Musées, notamment dans la forme publicitaire de l’annonce, cela pour plusieurs raisons: 1) L’acquisition des œuvres par les institutions nationales est un devoir, et non pas une action humanitaire, car les achats d’œuvres contribuent au développement de la scène artistique et aux projets éducatifs qui en découlent; 2) Le budget des acquisitions devrait être un programme annuel validé et planifié selon une stratégie claire; 3) Le comité décidant des acquisitions devrait être composés d’experts sans conflits d’intérêts avec des entités commerciales ou politiques.
Deuxièmement, la branche marocaine de l’International Council of Museums -ICOM-Maroc- est en porte à faux vis-a-vis des professionnels des musées qui la composent, notamment en omettant d’organiser son Assemblée Générale de membre actifs et élire un bureau capable de guider le milieux des musées et garder le code déontologique de la profession (or le Président de l"ICOM-MAROC est inchangé depuis plusieurs mandats expirés - illégal), pendant que les membres gardent le silence, par peur ou par confort du statu-quo;
Ces actions (ou non actions) mettent à mal le texte constitutionnel de référence régissant des libertés publiques, le droit s’en trouve bafoué par le zèle des uns et par le sommeil des autres. Ce texte de loi devrait être la référence pour les organisations culturelles au Maroc, y compris l’Association Fondation Nationale des Musées (car c’est bien une association), que l’ICOM-Maroc et les autres associations pour le protection de l’environnement ou des droits humains. La constitution qui régule la gestion des associations est la même pour tous, tout comme l’Association Marocaine des Droits de l’Homme - AMDH- ou la Fédération royale marocaine l’athlétisme;
L’historique Association Marocaine des Arts Plastique -AMAP-, qui a actuellement du mal à défendre les intérêts des artistes et de la discipline auprès des pouvoirs publics, peut jouer un rôle important, pour redresser la barque des arts plastiques, en fédérant les artistes et les professionnels autour d’un projet, ne serait-ce que celui d’informer et sensibiliser les pouvoirs publics.
Le cafouillage actuel dans la gestion des acquisitions d’œuvres d’art est encouragé par l’impunité de la corruption du système du pouvoir au Maroc, par le fait de tolérer le détournement de biens commun à des fins exclusives. Le Maroc compte des milliers d’artistes, des centaines d’initiatives culturelles citoyennes, les institutions nationales ont le devoir d’écouter ces voix, de comprendre leur raison d’être, et de les inclure dans les processus démocratiques de développement, sinon nos lieux de vie et d’épanouissement risquent de devenir "nos lieux interdits". Les âmes des créateurs ne sont pas à vendre. Au-delà de cette interpellation des responsables politiques et de l’opinion publique, je pense à quelques pistes pragmatiques qu’il faudrait suivre pour “aider” les artistes et les professionnels de l’art. Le ministère de la culture, à travers la Direction des Arts devrait partager les informations sur les programmes d’aide à la création -ces textes existent sûrement-, les promouvoir aiderait les artistes et donnerait la chance d’y accéder à tous ceux qui ont en besoin- que ce soit des aides individuelles ou des aides aux projets d’expositions/publications. Un programme d’aide à la création pour les artistes plasticiens serait nécessaire à l’échelle nationale. Le Maroc pourrait créer, sur le territoire, un programme de résidences d’artistes, en complémentarité avec les quatre (4) ateliers marocains à la Cité Internationale des Art à Paris -qui devraient être continuellement utilisés-, cela pourrait aussi multiplier les chances d’interaction et d’épanouissement des jeunes lauréats des écoles d’art, de cinéma, de design, et de spectacle. L’État pourrait offrir aux artistes un accès temporaire aux bâtiments vides dans les différentes villes -ou inciter les municipalités à le faire-, pour des ateliers de peinture et autres formes d’art, encourageant ainsi la production d’œuvres de formats professionnels qui pourront potentiellement rejoindre des galeries et des musées à l’échelle locale et internationale. Enfin, pour revenir au sujet qui a provoqué cette note, il est nécessaire qu’un nouveau bureau soit élu pour l’ICOM-Maroc, pour sortir de l’illégalité et rende compte aux membres professionnels de l’art travaillent au Maroc dans les secteurs publics et privés. L’ICOM nationale a notamment la responsabilité de distribuer, aux professionnels de l’art, les cartes de membres ICOM donnant l’accès gratuit à un grand nombre de musées internationaux, en plus de jouer un rôle dans la protection du patrimoine et des innovations dans le domaine des musées modernes et contemporains. Il serait aussi temps que les musées structurent leurs programmes de manière responsable, avec des équipes d’autorité compétente. Il y a au Maroc un potentiel énorme, soyons à l’écoute des forces créatives du pays, l’expression artistique fait partie du paysage culturel, inséparable du débat et de l’histoire sociale et politique." (Abdellah Karroum)

///// 05 Dec. 2019:
"Certes, la lutte des idées est plus que jamais indispensable. Son style gagne assurément à être mordant, impertinent. Il n’est pas toujours facile dans le feu du débat d’opérer une séparation étanche entre les idées que l’on combat et la personne qui les incarne." (Abdellatif Laabi, in Combat pour la culture)

///// 28 Nov. 2019:
"Laisser pisser les mérinos"

///// 22 Nov. 2019:
"La situation du monde actuel pousse les artistes dans les zones d’incertitudes, remettant en question les formes à donner aux œuvres pour prendre part au changement de manière active, contre les enfermements et contre les obscurantismes. Les artistes regardent le monde et créent des œuvres qui sont des principes actifs (agents actifs) dans le débat sur la situation du monde actuel. Certaines œuvres sont créées il y a déjà des décennies, mais leur propos est si actuel, au point que leur rencontre éveille en nous des sensations plus au moins traumatiques. Notre monde brûle..."

///// 01 août 2019:
Chacun des petits espaces au Maroc apporte plus, pour l’art et l’éducation, que le ministère de la culture et les courtisans du pouvoir qui dépensent plus dans la propagande politicienne pré-électoral que dans la vraie action culturelle. Le débat sur l’art et son rôle dans la société est crucial. Mais les œuvres d’art ne naissent pas dans les dîners luxueux et ne peuvent être dictées par les états, sauf quand il s’agit d’images de propagande à des fins électorales ou ornementales. Au Maroc il est temps de respirer fort et d’agir avec de nouveaux souffles.

///// 23 juillet 2019 A.K.: "L’écriture de l’histoire de l’art commence par le définition du sujet, puis par le récit de son objet, et enfin par l’analyse de son contexte de production. Afin de donner accès au plus grand nombre d’étudiants, de chercheurs et d’historiens, les archives de L’appartement 22 son ouvertes à tous. La lecture que chacun en fait permet une multitude interprétations. Le débat critique commence des la deuxième publication, en réponse à la première ou dans la déférence. La générosité intellectuelle permet le progrès culturel. L’existence des œuvres, bien avant l’écriture, est en soi une histoire de l’art. Les récits et interprétations sont souvent influencés le contexte et les références des auteurs, de leurs lectures, de leurs croyances, et de leurs orientations politiques, sexuelles et idéologiques. Par conséquent, pour le même œuvre, il y a autant d’histoires que d’historien de l’art qui tentent des interprétations thématiques ou exclusives. Seule une histoire de l’art reliant l’œuvre au réalités du moment de sa création, et aux conditions de sa création, est capable de résister au temps et d’accompagner son aura au-delà du temps médiatique du texte."

///// 20 juin 2019 A.K.: "Un visiteur m’a posé une question inattendue à laquelle je n’ai pas su répondre de manière direct par un oui ou non: peut-on critiquer une exposition ou une œuvre d’art de manière direct au Maroc? Cette question venant d’un visiteur peut sembler simple, mais elle est réellement difficile car le contexte actuel est complexe et tellement tramé. Le potentiel critique se trouve mêlé à la peur du système de contrôle inspiré dans tous les domaines. Je n’ai pas su répondre car je n’ai pas d’exemple de critique direct d’une exposition, d’un festival ou d’un projet, et qui n’a pu été puni par le système corrompu du pouvoir. Les règlements de compte avec les critiques sont souvent invisibles, car ils passent souvent par des mesures asphyxiantes -dans le cas des journaux- et par des pièges de droit commun pour les journalistes, ou encore par un boycotte des scènes officielles pour les artistes et auteurs indépendants."

///// 24 mai 2019 A.K.: "Okwui Enwezor nous a quitté il y a quelques semaines. Il fut un des premiers professionnel de l’art a visiter L’appartement 22, dès 2006 alors qu’il menait ses recherches en préparation de la Biennale de Gwangju. Quelques mois plus tard nous nous retrouvons pour discuter des questions de globalisation et de l’avenir de l’humanité adresse par les œuvres du continent africain et d’ailleurs. En 2008, nous nous retrouvons en Corée avec les artistes, ce fut mon premier voyage en Asie du Sud-Est. Le dialogue généreux ne s’est plus interrompu, sur divers fronts, dans les publications et toutes les plateformes possibles. La Triennale de 2012 voit le jour après près de deux ans de voyages, d’expériences de traversées de frontières, de complicités avec Claire, Émilie, Mélanie, et Okwui."

///// 17 novembre 2018 A.K.: "L’histoire de l’art est inséparable de l’histoire politique de nos sociétés. La création artistique interagit avec les autres domaines de la civilisation. L’œuvre d’art a un passe et un future, et le centre de cette ligne temporelle est marquée par le moment de l’expérience et de rencontre de l’œuvre avec les autres réalités qui composent la culture et participent à la vie. Le passé serait un modèle à changer, le future devrait être un idéal à construire."

///// 16 octobre 2018 A.K.: "A la lecture de quelques réponses dans le débat autour de l’exposition Chaibia au musée de Rabat, on a l’impression que le Musée est géré comme une affaire privé, ce qui est inacceptable. Une institution publique devrait donner l’exemple professionnel quant au respect de la propriété intellectuelle. Le respect des droits d’auteur est la base de tout commerce de produit culturel si l’on veut que l’art est la culture fasse partie du développement d’un pays.

J’ai suivi de loin cette affaire et je pense que le problème fondamental est plus grave que le fait de mélanger des artistes qui ont des styles et projets différents. Chaibia, Fatima Hassan et Radia ont, chacune à leur manière reflété une expression originale et résistantes au cliches sur le genre. Mais les enfermer dans une exposition parce que ce sont des "femmes" est une approche réductrice de la valeur de leur travail artistique. En plus d’être une grande artiste, Chaibia est une résistante qui a exprime son point de vue sur la société et a combattu le mal et le mépris dont les femmes souffre sont encore victime aujourd’hui.

Au Maroc, il y a un réel besoin de faire des expositions sérieuses avec un travail de recherche sur les œuvres et les artistes. On ne peut pas se permettre d’organiser des expositions populistes, approximatives et superficielles pour se dire qu’on a un musée d’art moderne et contemporain. Il faut des responsables compétents pour gérer la chose culturelle. Un musée, une usine, une ferme, un chalutier, un avion, une école, un train, il faut toujours un commandant qui connaît bien son navire pour éviter les catastrophes.

///// 02 août 2018 Harald Szeeman: "...the museum is a place for experimenting with new connections, a place for conserning and conveying the fragile creations of individuals." (H. Szeeman, 1980)

///// 27 juin 2018 NOUS SOMMES INDIGNÉS ET CONSTERNÉS FACE L’INJUSTICE AU MAROC. http://www.lepoint.fr/monde/maroc-les-leaders-du-mouvement-hirak-ecopent-de-20-ans-de-prison-27-06-2018-2230875_24.php

///// 8 Mar. 2018 A.K.: "La première exposition de L’appartement 22, ouverte le 10 octobre 2002 avec Sara Erruas et Younes Rahmoun est intitulée "JF_JH individualités", propose de considérer l’homme et femme sur un pied d’égalité. Le design graphique de l’affiche annonce avec un visuel sobre ce duo, avec un underscore "_". Ce blanc souligné est un élément essentiel dans la philosophie fondatrice de L’appartement 22 et des projets d’expéditions et de publications, il s’agit bien d’un vide à combler, un handicap majeur de la société marocaine dont la constitution considère la femme inférieure à l’homme dans l’héritage, les salaires, la libre circulation dans les espaces privés et publiques. L’appartement 22 revendique toujours l’égalité des hommes et des femmes, y compris dans l’héritage, la liberté de circulation dans les lieux publiques et prives, la mixités et la diversité réelle, dans le respect des individus citoyens, residents ou visiteurs."

///// 10 Fev. 2018 J. P. Thibeau: "Surgit un moment où plus aucun argument (raisonnement, lecture, information, etc.) ne suffit pour agir. Alors un sentiment poétique d’idiotie pousse à aller au-delà de l’acte... Surprendre quelques moyens ( sans s’encombrer des dispositifs psychologiques ou des justifications secondaires). Accueillir l’hors-soi, sans avant ou arrière pensée. Se dessaisir de soi, laisser fluide les variations des états mentaux et corporels, lâcher la “conscience de”... Lâcher le corps à perte de mesure... Apprivoiser le tohu-bohu et laisser agir l’activité jubilatoire générale, entre le déjà-là et le pas-encore-là... Découvrir alors que l’on sort d’un long sommeil, d’une fastueuse patience et que l’on est agi par des conversations variées avec les autres, les choses et les je-ne-sais-quoi... Accepter de n’être que nuée, un peu de buée, une évaporation... (Jean-Paul Thibeau : Stratégie du je-ne-sais-quoi de l’idiotie / 31 juillet 1989) http://protocolesmeta.com/spip.php?article100&var_recherche=Idiotie

/////

24 Jan. 2018 A.K. "... La suite dans les idées, je lis dans des journaux PR marocain ceci "Le Maroc organisera en 2019 une biennale d’art méditerranéen à Rabat à laquelle concourra l’Institut du monde arabe (IMA) aux côtés de la Fondation nationale des musées." (libe.ma du 24 jan 2018), un scoop qui interpelle doublement sur les fondements de l’information. D’une part il serait question d’une biennale d’art méditerranéen à Rabat (sur l’Atlantique), d’autre part des institutions de prestige sont invitées à concourir à un festival supplémentaire dans la capitale marocaine... Une biennale, en plus d’être le lieu de rencontre et de débat sur l’art, peut être un levier de développement urbain, social et économique. Si une biennale de la Méditerranée devrait exister, c’est à Tétouan ou à Al Hoceima qu’elle devrait avoir lieu. Rabat a déjà son fameux festival Mawazine qui organise des expositions aussi agitées que les scènes de concert... à suivre!"

///// 20 oct. 2017 A.K.:”Le débat sur la fin possible de la biennale de Marrakech a lieu depuis 2009, quand le ministère de la culture avait demandé le démontage de l’exposition principale de la biennale au Palais Bahia (lire le résumé ici). L’édition 2009 de la Biennale a été entièrement indépendante, avec une programmation artistique internationale et marocaine, investissant plusieurs lieux à Marrakech, il s’agissait de relier les lieux d’action aux espaces d’exposition. L’organisation de la Biennale, ainsi que son financement, étaient principalement possibles grâce à l’initiative du groupe d’amateurs d’art qui se réunissaient au Riad El-Fenn, notamment avec Vanessa Branson, Abel Demmousi et les soutiens de collectionneurs et d’artistes. L’esprit de la Wonderful Collection et la passion qui a lancé l’idée d’un festival d’art contemporain à Marrakech étaient encore actifs (lire: The Wonderful Fund Collection, catalogue de l’exposition organisée par Vanessa Branson et Prue O’Day en 2005. éd. Paperback). Les éditions 2005 et 2007 sont organisées au format festival (AiM - Arts in Marrakech), avec une importante programmation littéraire, cinématographique et des expositions d’arts contemporains. Le nom ambitieux de "Biennale" est décidé dans notre discussion avec Vanessa Branson pour l’édition 2009, le projet est devenu structuré, avec une direction artistique, de nouvelles productions et des installations monumentales au Palais Bahia, à l’ESAV (école de cinéma). Le budget total est à peine au dessus de 200.000 Livres anglaises, les coups de production et d’installation étant gérés directement par les organisateurs et les artistes. Les éditions suivantes de la biennale devaient être organisées avec un comité qui gère l’équipe permanente, la collecte de fonds et le financement du programme artistique et commercial. L’ouverture internationale, le contexte unique de Marrakech ont amplifié l’attention du monde de l’art et la Biennale de Marrakech est devenue une destination importante et attendue des professionnels, des amateurs et des jeunes artistes au Maroc. Les éditions 2014 et 2016 ont investi des lieux historiques (Palais Bahia, Palais Bahia) par des activités et des événements dans la ville. Mais l’administration de la Biennale avait du mal à suivre le programme artistique et garantir le minimum vital pour les artistes et les commissaires, sans doute par ignorance des processus spécifiques aux biennales et aux enjeux sociaux et politiques qui les font exister. Il s’agit aussi d’un réel problème éthique quand les organisateurs ont décidé de ne pas payer l’équipe du programme artistique (commissaire, coordinateurs, auteurs...). L’article du journal Le Monde (27 Sept. 2017) dévoile le problème de financement de la Biennale de Marrakech à une échelle internationale, le débat ne fait que commencer. Une nouvelle édition ne serait possible que si le corps organisateur était rééduqué et guérit, sinon renouvelé. La responsabilité des organisateurs de la Biennale de Marrakech, des autorités de la ville et des pouvoirs publics en général, est à questionner dans cette affaire pour comprendre les raisons exactes de cette crise. Une sixième édition veut dire plus de 10 ans d’expérience et de connaissance du terrain, y compris le fonctionnement par "bakchich" et divers trafics entre fonctionnaires expérimentés dans la surfacturation. Les créateurs marocains et leurs pairs internationaux méritent une meilleure considération. La scène de l’art au Maroc est forte d’une société civile expérimentée, des artistes engagés dans tous les domaines de la création, et capables de combler le manque d’expertise des fonctionnaires actuels de la culture et le désinvestissement de l’État vis-à-vis de la culture et de l’éducation. Le lancement d’une expédition, l’initiative d’une exposition, l’organisation d’une rencontre et la conception d’une publication font partie des "produits de haute nécessité" (selon le collectif autour d’Édouard Glissant et Patrick Chamoiseau), car il s’agit d’espaces d’expression nécessaires qui relient les peuples dans le monde."

///// 12 oct. 2017 A.K.:”Un bon historien d’art ne regarde pas seulement les œuvres et le contexte social et économique de leur production. Il est surtout celui qui voit les enjeux politiques des œuvres, en plus d’une valeur artistique solide."

///// 27 août 2017 - A.K.: "Les questions curatoriales sont toujours d’actualité puisque nous sommes dans des contextes de création de musées, dans des contextes où l’école d’art n’est ni une forme de tradition ni un outil de progrès. Nos musées et nos lieux pour l’art doivent donc jouer un rôle important dans la formation et le débat sur l’art."

///// 23 juin 2017 - A.K.: "L’art a un potentiel éducatif et d’éveil important des consciences. L’art peut faire peur aux États répressifs, car il peut agir et contribuer au changement en s’adressant à l’intelligence. En emprisonnant les artistes et les intellectuels, les pouvoirs pouvoirs politiques répressifs reconnaissent le pouvoir de l’expression artistique et sa capacité d’action pour le changement. L’arrestation de l’artiste Zehra Doğan en Turquie en est un exemple vivant."

///// 2 June 2017 - A.K.: "Art market has not specific continent or country. Art, just like any product of high necessity, has a local, regional and global market, its multiple productions travel across continents and throughout time, its value compensates lost memories of humanity."

///// 10 Oct. 2014 - Abdellah Karroum: "ART IS THE BASIS OF CHANGE IN SOCIETY. IT IS OUR DUTY TO SHOW THE ARTISTS TACKLING THE IDEA OF FREEDOM IN THE ARAB WORLD TODAY."

///// 2009 - Etel Adnan: "I don’t like the expression ’Middle East’. I prefer to say ’the Mashriq’, just like we say ’the Maghreb’ when referring to North Africa. ’Mashriq’ means ’the place where the sun rises’; it also means the rays of light. So it’s a term which could cover many Arab countries."

///// 2008 - A. K.: "Le 10 octobre 2002 est un jeudi comme les autres à Rabat. Les cris des Diplômés chômeurs dominent le paysage sonore de l’avenue Mohamed V. J’habite ici depuis cinq mois déjà ! Safaa et Younès finissent l’installation de Brisa et de Cafane après avoir partagé la résidence dans mon appartement pendant deux semaines. Ce soir ouvre la première exposition, JF_JH (individualités), une caméra cadre la vue de la fenêtre et l’image vivante de la rue est projetée dans le lieu d’exposition. Manifestement, c’est le début..."

Note: Référence pour l’usage des contenus de cette page: Site de L’appartement 22, lieu pour l’art, Rabat, Maroc, http://www.appartement22.com/spip.php?article426