L'appartement 22

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L’appartement 22,
279 avenue Mohamed V,
MA-10000 Rabat,
T +212663598288,
Notebook by the Curatorial Delegation
Debat of ideas within arts, technologies and ecologies

This chapter is a space for opinion, a "carnet de notes" for speculation and debate of ideas on arts, technologies and ecologies, addressing the relationship between artists, curators and thinkers. The ideas published here, written as notes or quoted from essays and talks, bring awarness on the importance of the role of artistic expression in the making of art institutions and the de-organisation of the art world.
Publication in initial language, and reference to translation mentioned in the notes.
Tuesday 10 October 2017

///// 20 oct. 2017 A.K.:”Le débat sur la fin possible de la biennale de Marrakech a lieu depuis 2009, quand le ministère de la culture avait demandé le démontage de l’exposition principale de la biennale au Palais Bahia (lire le résumé ici). L’édition 2009 de la Biennale a été entièrement indépendante, avec une programmation artistique internationale et marocaine, investissant plusieurs lieux à Marrakech, il s’agissait de relier les lieux d’action aux espaces d’exposition. L’organisation de la Biennale, ainsi que son financement, étaient principalement possibles grâce à l’initiative du groupe d’amateurs d’art qui se réunissaient au Riad El-Fenn, notamment avec Vanessa Branson, Abel Demmousi et les soutiens de collectionneurs et d’artistes. L’esprit de la Wonderful Collection et la passion qui a lancé l’idée d’un festival d’art contemporain à Marrakech étaient encore actifs (lire: The Wonderful Fund Collection, catalogue de l’exposition organisée par Vanessa Branson et Prue O’Day en 2005. éd. Paperback). Les éditions 2005 et 2007 sont organisées au format festival (AiM - Arts in Marrakech), avec une importante programmation littéraire, cinématographique et des expositions d’arts contemporains. Le nom ambitieux de "Biennale" est décidé dans notre discussion avec Vanessa Branson pour l’édition 2009, le projet est devenu structuré, avec une direction artistique, de nouvelles productions et des installations monumentales au Palais Bahia, à l’ESAV (école de cinéma). Le budget total est à peine au dessus de 200.000 Livres anglaises, les coups de production et d’installation étant gérés directement par les organisateurs et les artistes. Les éditions suivantes de la biennale devaient être organisées avec un comité qui gère l’équipe permanente, la collecte de fonds et le financement du programme artistique et commercial. L’ouverture internationale, le contexte unique de Marrakech ont amplifié l’attention du monde de l’art et la Biennale de Marrakech est devenue une destination importante et attendue des professionnels, des amateurs et des jeunes artistes au Maroc. Les éditions 2014 et 2016 ont investi des lieux historiques (Palais Bahia, Palais Bahia) par des activités et des événements dans la ville. Mais l’administration de la Biennale avait du mal à suivre le programme artistique et garantir le minimum vital pour les artistes et les commissaires, sans doute par ignorance des processus spécifiques aux biennales et aux enjeux sociaux et politiques qui les font exister. Il s’agit aussi d’un réel problème éthique quand les organisateurs ont décidé de ne pas payer l’équipe du programme artistique (commissaire, coordinateurs, auteurs...). L’article du journal Le Monde (27 Sept. 2017) dévoile le problème de financement de la Biennale de Marrakech à une échelle internationale, le débat ne fait que commencer. Une nouvelle édition ne serait possible que si le corps organisateur était rééduqué et guérit, sinon renouvelé. La responsabilité des organisateurs de la Biennale de Marrakech, des autorités de la ville et des pouvoirs publics en général, est à questionner dans cette affaire pour comprendre les raisons exactes de cette crise. Une sixième édition veut dire plus de 10 ans d’expérience et de connaissance du terrain, y compris le fonctionnement par "bakchich" et divers trafics entre fonctionnaires expérimentés dans la surfacturation. Les créateurs marocains et leurs pairs internationaux méritent une meilleure considération. La scène de l’art au Maroc est forte d’une société civile expérimentée, des artistes engagés dans tous les domaines de la création, et capables de combler le manque d’expertise des fonctionnaires actuels de la culture et le désinvestissement de l’État vis-à-vis de la culture et de l’éducation. Le lancement d’une expédition, l’initiative d’une exposition, l’organisation d’une rencontre et la conception d’une publication font partie des "produits de haute nécessité" (selon le collectif autour d’Édouard Glissant et Patrick Chamoiseau), car il s’agit d’espaces d’expression nécessaires qui relient les peuples dans le monde."

///// 12 oct. 2017 A.K.:”Un bon historien d’art ne regarde pas seulement les œuvres et le contexte social et économique de leur production. Il est surtout celui qui voit les enjeux politiques des œuvres, en plus d’une valeur artistique solide."

///// 27 août 2017 - A.K.: "Les questions curatoriales sont toujours d’actualité puisque nous sommes dans des contextes de création de musées, dans des contextes où l’école d’art n’est ni une forme de tradition ni un outil de progrès. Nos musées et nos lieux pour l’art doivent donc jouer un rôle important dans la formation et le débat sur l’art."

///// 23 juin 2017 - A.K.: "L’art a un potentiel éducatif et d’éveil important des consciences. L’art peut faire peur aux États répressifs, car il peut agir et contribuer au changement en s’adressant à l’intelligence. En emprisonnant les artistes et les intellectuels, les pouvoirs pouvoirs politiques répressifs reconnaissent le pouvoir de l’expression artistique et sa capacité d’action pour le changement. L’arrestation de l’artiste Zehra Doğan en Turquie en est un exemple vivant."

///// 2 June 2017 - A.K.: "Art market has not specific continent or country. Art, just like any product of high necessity, has a local, regional and global market, its multiple productions travel across continents and throughout time, its value compensates lost memories of humanity."

///// 10 Oct. 2014 - Abdellah Karroum: "ART IS THE BASIS OF CHANGE IN SOCIETY. IT IS OUR DUTY TO SHOW THE ARTISTS TACKLING THE IDEA OF FREEDOM IN THE ARAB WORLD TODAY."

///// 2009 - Etel Adnan: "I don’t like the expression ’Middle East’. I prefer to say ’the Mashriq’, just like we say ’the Maghreb’ when referring to North Africa. ’Mashriq’ means ’the place where the sun rises’; it also means the rays of light. So it’s a term which could cover many Arab countries."

///// 2008 - A. K.: "Le 10 octobre 2002 est un jeudi comme les autres à Rabat. Les cris des Diplômés chômeurs dominent le paysage sonore de l’avenue Mohamed V. J’habite ici depuis cinq mois déjà ! Safaa et Younès finissent l’installation de Brisa et de Cafane après avoir partagé la résidence dans mon appartement pendant deux semaines. Ce soir ouvre la première exposition, JF_JH (individualités), une caméra cadre la vue de la fenêtre et l’image vivante de la rue est projetée dans le lieu d’exposition. Manifestement, c’est le début..."

Note: Reference pour l’usage des contenu de cette page: Site de L’appartement 22, lieu pour l’art, Rabat, Maroc, http://www.appartement22.com/ecrire/?exec=articles_edit&id_article=426