L'appartement 22

0 EXPEDITIONS | رحلات

1 ACTUALITÉS | EVENTS | مستجدات

2 EXPOSITIONS | معارض

3 PRODUCTION | Collection | أعمال

4 ARCHIVE & BIOGRAPHIES l وثائق

5 RESIDENCES | إقامات

6 TEXTES | Debats | نصوص | chroniques | قراءات وحوارات

7 LINKS | Thanks | شكرآ

 

Inscription à la Newsletter

L’appartement 22,
279 avenue Mohamed V,
MA-10000 Rabat,
T +212663598288,
Séminaire autour de « l’esthétique de l’existence et ses malentendus… »

Un atelier-séminaire autour de « l’esthétique de l’existence et ses malentendus… », animé par Jean-paul Thibeau à Rabat.

Durant une semaine, du 7 au 12 férvier 2005, les participant imaginent les modalité d’un "Rendez-vous les yeux fermés" avec le public. Le résulat est un parcours dans trois lieux : L’appartement 22, le Cinéma Mauritania et l’Atelier de l’artiste iraquien Imad Mansour.

mercredi 23 février 2005

L’idée de cet atelier-séminaire à Rabat, a germé à la suite des diverses rencontres et discussions avec des artistes lors de mon dernier séjour au Maroc, en février 2004. Il est le prolongement de ces rencontres. Pendant quelques jours avec les artistes participant et selon diverses modalités, nous nous concerterons : 1- Pour réfléchir sur les pratiques actuelles de l’art qui questionnent autant le statut de l’artiste que celui de ses pratiques et particulièrement dans son rapport à l’autre, à l’extérieur. 2- Pour mettre en forme des rencontres avec un public plus large, les jours qui suivront. 3- Pour mettre en perspective des collaborations (publications, sessions d’expérimentation, etc.)

Si l’on regarde attentivement, ne serait-ce que depuis 1980, les ouvrages parus abordant d’une manière partielle ou détaillée la construction du sujet dans un rapport esthétique à soi et aux autres : ils sont pléthores (qu’il s’agisse d’éditions ou de rééditions). A observer la liste des parutions, il ne peut échapper à quiconque l’amplitude que prend, de nos jours, la question complexe des rapports art et vie, éthique et esthétique...

Avec la mise en place de cet atelier-séminaire « l’esthétique de l’existence et ses malentendus » c’est à la fois, la poursuite d’un questionnement que nous menons depuis des années, et c’est l’ouverture ici-même d’un chantier de longue haleine certainement : Quand on ne se reconnaît plus dans les règles actuelles du jeu de l’art, que peut-on faire ? Changer les règles du jeu... ? Explorer d’autres domaines ? Élargir le territoire ? Quelle nouvelle forme donner à l’artiste ? Quel nouveau champ d’investigation est-il possible de prospecter ? Nul ne sait s’il ne s’en va à la découverte de l’anthropologie de l’art, à la redécouverte des modes d’être esthétique des hommes...

Cet atelier est une manière de revisiter l’« écosophie » selon Félix Guattari, qui aurait pour tâche l’articulation éthico-politique de trois registres écologiques : celui de l’environnement, celui des rapports sociaux (écologie sociale) et celui de la subjectivité humaine (écologie mentale). Et ayant pour finalité la ré-invention et l’enrichissement des modes de vie et de la sensibilité. Il s’agirait de développer des pratiques spécifiques tendant à modifier et à re-créer des façons d’être au sein des mondes que nous habitons (famille, activités, travail, etc.). Ainsi que d’expérimenter l’ensemble des modalités de l’être-en-groupe. L’artistique offrant un champ d’expérience ouvert à ce type d’aventure...

C’est aussi une façon de rappeler ce que Michel Foucault évoquait à travers la notion de « technique de soi » : « Dans cette idée d’une tekhnê tou biou (technique de soi), plusieurs choses m’intéressent. D’une part, cette idée, dont nous sommes maintenant un peu éloignés, que l’oeuvre que nous avons à faire n’est pas seulement , n’est pas principalement une chose (un objet, un texte, une fortune, une invention, une institution) que nous laisserions derrière nous, mais tout simplement notre vie et nous-même. Pour nous, il n’y a d’oeuvre d’art que là où quelque chose échappe à la mortalité de son créateur. Pour les Anciens, la tekhnê tou biou s’appliquait au contraire à cette chose passagère qu’est la vie de celui qui la mettait en oeuvre, quitte, dans le meilleur des cas, à laisser derrière soi le sillage d’une réputation ou la marque d’une réputation. Que la vie, parce qu’elle est mortelle, ait à être une oeuvre d’art, c’est un thème remarquable. »

Oui, vaste chantier ! Mais ré-enchanteur de nos devenirs possibles ! JPT